LA PAUVRETE EST LE NEGATIF DE LA FEMME
LA
PAUVRETÉ.
Quand
l’environnement se dégrade, le sort des femmes s’aggrave.
²Quand on prépare les
plans nationaux, à quoi doit-on penser le plus², le mahatma Gandhi a répondu ²Ayez
à l’esprit le dernier des hommes².
Le
dernier des hommes est souvent une femme.
La femme pauvre de
brousse subit de plein fouet les effets nocifs de la dégradation de
l’environnement. Dès l’aube elle sait que sa journée sera faite d’une longue
marche à la recherche de petits bois, de fourrage pour les bêtes et d’eau. Vieille femme, femme
enceinte, jeunes filles, fillettes : tout ce petit monde déambule dans la
brousse faisant des kilomètres pour répondre aux besoins essentiels : besoins de survie. L’environnement se détériore
de plus en plus, chaque jour la longue marche s’allonge, l’épuisement est
intolérable et le temps pour s’occuper de la maison est de plus en plus limité. Les filles sont les
premières à subir ces conséquences, elles quittent l’école pour aider la mère.
La femme souffre de
cette dégradation qui entraine des séquelles irréversibles sur sa santé par
manque d’aliments appropriés à son travail. La malnutrition est omniprésente. La femme voit son patrimoine
s’appauvrir, le bétail efflanqué qui sera vendu sur le marché à moitié prix. Il
ne fournira plus de lait, pour nourrir les enfants, ou pour la fabrication des
fromages.
Absorbées
par cette évolution malsaine, la femme est plongée dans la pauvreté.
© Au Niger il existe une forte migration. Les
populations tribales et nomades ont été très affectées par la déforestation et
la disparition des pâturages traditionnels. Nombreux sont ceux qui, n’ayant
plus de terre à leur disposition, partent à la recherche de n’importe quel
travail pour survivre.
Qu’advient-il aux
femmes qui restent derrière ?
Chez les travailleurs
migrants, le divorce est fréquent, les épouses sont délaissées. Les ressources
d’une femme qui assume seule les responsabilités du ménage sont généralement
plus faibles lorsque l’homme est là : on observe cela partout dans le
monde. Sur le milliard et
demi de gens qui vivent dans une grande pauvreté, 70 % sont des femmes. Dans 25 % des familles pauvres, la femme est
la seule ou la principale source de revenus. La femme est la seule
pourvoyeuse de revenus dans la famille…..
Le bois
© Bolivia Inti /
Chaque jour sur notre planète, presque 3 milliards d’humains, parmi les plus
pauvres, utilisent comme combustible le bois pour cuire les aliments
indispensables à leur alimentation. Souvent situées au sud dans des
régions du monde riches en soleil, ces populations démunies vivent déjà en
situation de famine énergétique…..
Le bois joue des rôles multiples :
combustible : jusqu’à 80%
du bois coupé dans les pays en développement est source d’énergie, ce qui est
un problème dans les zones arides,
matériau de construction, source alimentaire ou pharmaceutique,
fixateur de carbone et protecteur des sols, régulateur du cycle de l’eau,
conservateur de la biodiversité, espace de détente...

L’arbre occupe une
grande place dans les cultures et religions du monde.
Pour
les populations animistes,
l’arbre est un être capable de bien et de mal qui assure un lien entre
l’individu et ses ancêtres. L’arbre fait partie du règne des êtres inanimés et
non pas dans celui des vivants, mais on considère qu’il peut être habité par
des esprits ou des génies, d’où la prudence et le respect à son égard. Le
problème de la dégradation de l’environnement n’est pas un problème futuriste.
C’est l’une des causes fondamentales de la crise à laquelle nous devons faire
face... Aujourd’hui.
Chaque
jour, des centaines de kilomètres carrés deviennent désert, et si nous
n’inversons pas cette situation, tout le continent deviendra un immense désert.
Nous ne
pouvons pas mettre en sommeil ce problème pour un jour et, encore moins, pour
un an, pendant que nous essayons de résoudre le problème de la dette, les
problèmes budgétaires et les problèmes de devises. Demander
à une population de protéger son environnement pour telle ou telle raison, cela
reste abstrait.
Si
elle ne peut survivre,
l’environnement ne représente rien pour elle.
Si elle
meurt parce qu’elle n’a rien à manger, la protection de
l’environnement n’est pas de son ressort, elle est du ressort de quelqu’un
d’autre.
Environnement et Pauvreté.
Mettre en place des
programmes de réhabilitation de l’environnement qui donnent du travail aux plus
pauvres. C’est combattre la pauvreté ? Ainsi que l'a souligné un
auteur, ² l'utilitarisme est le propre des
robinsonnades... où le naufragé reste insensible aux beautés de son île².
© Les populations d'Afrique vivent dans un tel état de pauvreté
que toute source de revenu leur semble opportune indépendamment des
conséquences que son exploitation pourrait causer à long terme. Dans un
tel contexte, le respect de l'environnement ne constitue pas un souci majeur,
et toute tentative de conscientisation par les ONG, a peu de chance d'être
suivie. Ainsi que l'a souligné le professeur KAMTO, « la lutte pour la
survie et la course au mieux-être ne s'embarrassent pas des exigences
normatives ». Il a en outre pu être démontré
qu'envisager une protection sans le bien-être social est « une ambition
utopique vouée à l'échec »……………
Un tel
état de fait, néfaste pour le développement durable, ne peut contribuer qu'à
aggraver le sort des populations. On assiste à une sorte de cercle vicieux de
la pauvreté dont le schéma est fort simple : pour survivre, les individus
confrontés à la pauvreté sont obligés de puiser dans les ressources
environnementales, au risque de les épuiser, et cette dégradation de l'environnement
ne fait qu'accroître leur pauvreté. Le
grand drame est, que cette dégradation frappe toujours cruellement ceux qui
vivent dans la pauvreté, c'est-à-dire les personnes les moins aptes à y faire
face.
Activité répréhensible ou activité
règlementaire
Le bois de feu tient une grande place dans le système
énergétique de l’Afrique et que penser de
l’activité des femmes, vieilles, enceintes, et des fillettes qui
ramassent le bois sec et le portent lourdement (30 à 35 kilos sur leur dos)
durant des heures. Le bois d’œuvre ou d’artisanat fait vivre la population : fabrication d'écuelles,
de cuillers, de mortiers, de manches d'outils, d'instruments de musique, de
sculptures, d'arcs, de flèches, et des bols, etc. Un certain nombre
d'espèces peuvent fournir du bois de perche, largement utilisé dans la
construction.

Certaines écorces d’acacias
fournissent du tanin qui sert au tannage du cuir. On trouve des
quantités appréciables de tanin dans
le feuillage des arbres, ce tanin adhère étroitement aux parois et
aux protéines de la cellule et semble jouer un rôle dans la baisse de
digestibilité. D’autres peuvent être à l'origine de diverses toxicités.
Les porteuses de bois

Au fil des heures la tristesse du départ fait enfin place à la détente.

© Manaud-Desert 033
Quelques chèvres se sont égarées. Le bois est déposé, et les voilà qui se mettent à courir, grimper sur les talus, appeler. Les autres continuent avec le troupeau. Surtout ne pas s’arrêter.

La journée a été longue pour ces enfants.Er que ressentent ces femmes ? Je ne distingue rien. Et pourtant l’inquiétude a été perceptible toute la journée ! Chacune se dirige vers sa tente, dépose son fardeau, casse un peu de bois pour le feu. Elle s’active. Le travail n’est pas terminé.

©photo J.Souvant Emission de Kriss à
Tchigayene
Le reste de leur vie est plus qu’incertain
Les chèvres, les moutons ne suffisent pas à les faire vivre.
Alors ces femmes partent de plus en plus loin, et plus longtemps.
© Les
personnes assises confortablement dans leur fauteuil et chargées d’enregistrer
cette culture de la pauvreté qui marque les existences fondées sur de maigres
environnements locaux ont peut-être considéré comme quantité négligeable les
femmes de brousse avec leurs fagots sur le dos ? Peut-être
que, sous l’effet du rapport de force qui contamine les producteurs
d’information, a-t-on décidé de ne pas mentionner ceux qui ne font que
survivre.
Et je me pose la
question :
Pourquoi
la femme de brousse est-elle constamment à la limite de la survie ?
Pourquoi
faut-il qu’elle s’épuise pour pouvoir manger une maigre bouillie, mais chaude ?
Que
peut-on faire pour qu’elle ne s’avance plus sur un chemin au bout duquel elle
disparaît de notre horizon ?
Il serait bon d’inclure un volet Bois de feu, dans les programmes de lutte contre la pauvreté, ce qui
donnerait un certain statut à ces femmes de brousse.
Elle s’intéresse
depuis 1995 aux techniques de fabrication, de consommation, d’acquisition et de
transport dans l’Ouest du monde touareg (Mali).
Les femmes de brousse, porteuses
de bois vont-elles continuer à marcher vers l’oubli ?
Vont-elles à l’avenir devenir officiellement plus visibles, et pas seulement sous un amoncellement de chiffres nationaux mais tout simplement comme des personnes dignes de mener une vie respectable ?...............................
Le bois vient à manquer du fait d’une exploitation abusive et d’une surconsommation dans les villes……
Agadez _ débardage de bois

Bois consommé en brousse
Alors
la femme part toute la journée et ramasse des branches, des brindilles.
La
femme doit fournir des efforts excessifs. Il
est indispensable que nous soyons vigilants pour l’aider à économiser
toutes ses énergies.
La seule manière d’aider cette femme à rester digne, est d’écouter sa
souffrance, de lui accorder un minimum d’attention et de la soulager dans son
combat de tous les jours.
Combien de femmes
aujourd’hui souffrent de troubles nerveux et autres pathologies ?
Dus à quoi ?
Sommes-nous devenus
aveugles ?
La
brousse fait leur apprentissage. En l’absence du père parti en exode pour 1 ou
2 ans, parfois plus et de la mère exténuée par ses tâches journalières,
préoccupée par ses enfants laissés seuls sous la tente. Quelle place ont-ils
auprès de la mère, dans la famille, dans la communauté ?

Des
heures durant ces enfants parcourent les chemins, se créent un monde enivrant.
Leur monde, bien restreint de nos jours. Ils n’ont aucun repère familial. Les
vieux ne s’en occupent peu ou pas. Aucun repère.
Que leur restera t-il si nous ne pensons pas à eux ?
Que pouvons-nous proposer à ces
enfants ?
En conclusion,
Si nous prenons en
considération la pauvreté, la malnutrition, le poids des activités, la charge
du travail, la fréquence des naissances et le manque de soins médicaux
adéquats, il n’est pas surprenant que la santé de la femme soit si mauvaise, que son état soit souvent alarmant. Cela
signifie en termes concrets qu’aujourd’hui en 2009 la mortalité des femmes est
200 à 300 fois plus élevée que celle enregistrée en France.
Aidons
ces femmes et ces enfants.
Pour exemple : le rôle des animatrices de
Tchigayene est renforcé aujourd'hui dans le soutien des jeunes au
développement. Les sujets autour desquelles elles jouent un rôle central sont :
la scolarisation, la santé, l’hygiène, l’assainissement, l'alimentation,
l'alphabétisation des femmes, la protection des ressources naturelles la
sensibilisation sur les MST et le Sida.
² Si nous voulons que nos enfants
se situent dans le
monde,
pourquoi n'en
serait-il pas autant
des enfants touaregs ? "

__à suivre….LA SANTÉ des Femmes en Brousse